Trois éoliennes sont réparties dans un champ, sur un toit, un parking… Une musique est diffusée dans l’espace en fonction du vent. le visiteur pénètre graduellement la zone de l’installation définie par le son. Les 3 éoliennes font environ 4m de haut, elles battent au vent au-dessus de nos têtes. L’énergie mécanique produite par la rotation des éoliennes est transformée en un courant électrique qui interagit sur un programme informatique. Le logiciel libre: Pure-Data, analyse et transforme le flux d’informations électriques en un jeu de synthèses sonores, clones numériques de procédés analogiques des premiers synthétiseurs.
Le mot énergivore est maintenant presque passé dans notre dictionnaire pour définir la propension de l’être humain à consommer de l’énergie. L’installation électronique Eol force 5 propose une critique esthétique de la production d’énergie et de ses machines. L’idée d’une alternative basée sur l’initiative personnelle est toujours possible même lorsqu’on parle de création d’énergie. Au cours des trente dernières années il est troublant de faire le rapprochement entre les divers mouvements de musique électronique et les préoccupations environnementalistes qui commencèrent réellement à apparaître dans les années 70. La musique hypnotique émise par l’installation Eol force 5 est une réelle composition basée sur le mouvement de chaque éolienne. Elle pourrait avoir été obtenue à partir d’un échantillon de musique répétitive minimaliste comme celle de Terry Riley, Steve Reich, Philip Glass, d’“Ambiante music“ de Brian Eno ou encore tirée de la bande son d’un film de science-fiction. Un son synthétique et très évocateur qui illustre de façon presque caricaturale l’idée que l’on se faisait du futur il y a trente ans. La puissance imaginale du son des éoliennes mêlée à l’environnement sonore propre au lieu transforme le paysage en un étrange dispositif sensoriel.
Colin Ponthot (concept, réalisation), Jérôme Abel (programmation sonore).
Membres du collectif d’artistes IMPALA Utopia: www.impala-utopia.org
